par Allan Léon, cavalier internationnal d'endurance

Depuis quelques années, l’arrêt de la saison apparaît de moins en moins marqué, compte tenu du nombre d’épreuves organisées dans l’hexagone et dans le reste de l’Europe. La charge de travail augmente d’année en année, les épreuves devenant de plus en plus compétitives avec des vitesses élevées.

En conséquence, la période de repos accordée à nos chevaux est un aspect fondamental de leur carrière sportive sur le long terme !

 

Une période clé de la réussite de votre saison d’endurance à venir…

Voici en quelques lignes les bienfaits et les raisons pour lesquelles cette trêve hivernale est une étape indispensable au bien-être et à la réussite de vos chevaux :

En premier lieu, votre cheval a besoin de décompresser : durant la saison de compétition, il a été soumis à de nombreux stress liés à l’entraînement, au transport et l’atmosphère tendue des compétitions. Un mode de vie en totale contradiction avec sa nature d’animal grégaire et paisible !

D’un point de vue métabolique, son organisme a subi de nombreux stress oxydatifs liés aux séances d’entraînement intense, puis lors des compétitions.

Des manifestations psychosomatiques plus graves telles que l’apparition d’ulcères gastriques. Alors laissez-le souffler, retrouver ses congénères au fond du champ !

Puis, une convalescence physique s’avère également indispensable : pendant la saison selon le niveau de compétition et les objectifs atteints, votre cheval a bien parcouru un total de 2000 à 2500 Km pendant la saison ! Tous cela se répercute sur sa fragile biomécanique d’athlète : lésions osseuses, qui ne sont pas toujours visibles à la radio mais bien présentent, lésions tendineuses ou ligamentaires, qui apparaissent souvent non significatives à l’échographie de contrôle de fin de saison sous forme de petites zones très légèrement épaissies ou inflammatoires. Toutes ces microlésions se résoudront d’elle-même avec du repos, voire un coup de main de votre vétérinaire.

Enfin, l’élément le plus important chez un cheval de sport : ses pieds !!! ils ont eux aussi subi les aléas des terrains de courses, les ferrages rapprochés (souvent à moins de 5 semaines), tous les tissus du pied ont eux aussi besoin de repos pour se refaire une santé ! Parlez-en avec votre maréchal et votre vétérinaire, certains chevaux supportent très bien de rester pieds nus pendant le repos, ce qui favorisera un pied fort et augmentera la vascularisation des tissus. Cela peut même s’avérer bénéfique par la suite, lors de la reprise. D’autres au contraire, au pied plus fragile, avec des parois trop faibles supporteront moins bien de rester pieds nus, une ferrure acier bien couverte avec 4 clous suffira ou bien une ferrure plastique fixe à la colle permettra d’épargner ses parois.

 

Avant le repos, offrez-lui un check-up complet

Une révision complète s’impose :

Tout d’abord, faites-le voir par votre ostéopathe habituel, qui fera état d’éventuels blocages ou douleurs dorsales.

Puis, vous devrez réaliser un rapide examen locomoteur, effectué par vos soins ou votre vétérinaire : les flexions, (à froid et à chaud) et le travail sur le cercle (dur et mou), vous permettront de faire un constat rapide de l’état locomoteur de votre compagnon. Si besoin, demander à votre vétérinaire quelques radios de ses membres et de ses pieds, et un bilan échographique de ses tendons et ligaments, en particulier le ligament suspenseur du boulet beaucoup sollicité en endurance.

Enfin, un rapide bilan physiologique : une simple prise de sang (numération + formule) donne une bonne indication de son état de santé générale, d’éventuelles carences en minéraux, de problèmes d’infestations… En effet, il faut s’assurer que son métabolisme de base soit optimum avant l’hiver.

Dernier élément important, l’alimentation ! il faudra penser à réduire progressivement l’énergie distribuée dans la ration, tout en maintenant une quantité importante de fibres et de minéraux. En clair, réduisez drastiquement la proportion de concentrés au profit du fourrage tout en maintenant un CMV de qualité.

Selon la psychologie de votre monture ou de ses besoins de convalescence après la visite vétérinaire, un repos complet pourra être nécessaire. Ou au contraire, le maintien d’une activité plus légère pendant l’hiver conviendra à votre compagnon : balade au pas, travail d’assouplissement sur le plat …

Enfin, vous pourrez profiter de cette trêve hivernale pour définir vos objectifs pour la saison à venir, ainsi vous serez en mesure de planifier vos séquences d’entraînement de la semaine 1, jusqu’au jour J prévu en 2018 !